Haltérophilie et Musculation

 

 

 

Quelques Généralités

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La presse, la télévision présentent parfois des images d’hommes très musclés portant de lourdes charges à bout de bras. Ces photos, ces prises de vue fugitives donnent aux lecteurs, aux téléspectateurs quelques rudiments d’information sur l’haltérophilie à laquelle elles assurent ainsi une appréciable propagande.

Malheureusement, et pour satisfaire le goût du sensationnel, trop souvent les objectifs fixent des visages tordus par l’effort, accentuent par des prises de vues particulières l’importance des masses musculaires, s’attardent sur les super-lourds dont l’apparence physique est souvent disgracieuse.

 

Ainsi risque de se créer dans l’esprit du public une certaine image du sportif haltérophile. Ce dernier craint souvent d’être comparé au bateleur de foire qui roule ses biceps et harangue la foule avant d’exécuter ses tours de force.

 

Cette vision déformée de l’haltérophilie doit être corrigée en effet, l’haltérophilie est un sport de compétition qui organise ses championnats régionaux, nationaux, continentaux, mondiaux, et qui est inscrit au programme des Jeux Olympiques comme le sont l’athlétisme, la natation, la gymnastique...

 

Réputée comme nécessitant une grande force musculaire, l’haltérophilie réclame également de la part de ses pratiquants d’autres qualités physiques non moins développées la VITESSE, la  détente, la SOUPLESSE, la COORDINATION s’expriment CONSTAMMENT pendant l’exécution des deux mouvements olympiques. Mais si l’haltérophilie demande un éventail aussi varié de qualités pour être pratiquée avec succès, elle permet, par l’entraînement, de développer ces mêmes qualités avec une rare efficacité : nul n’a donc besoin d’être fort, ni particulièrement adroit ou rapide pour commencer l’exercice avec les barres à disque, l’entraînement assurant l’amélioration rapide de ces qualités dans des proportions souvent étonnantes.

 

Nul n’a besoin de posséder une morphologie ou un gabarit exceptionnel pour participer aux compétitions, le système de répartition par catégorie de poids de corps associé aux divisions de mérite donne à chacun l’assurance d’être confronté à des concurrents de même valeur.

 

Ainsi, le “ petit ” de 1,50 mètre et pesant 45 kg possède autant de chances de réussite sportive qu’un grand de 1,80 mètre et 85 kg.

 

Si un garçon, physiquement doué, trouve dans la compétition haltérophile le moyen d’exprimer ses qualités, le chétif, le timide peut rapidement forger sa personnalité, affirmer son assurance en transformant son apparence physique. Par la pratique de l’haltérophilie, en effet, le système musculaire se développe dans des proportions que nulle autre discipline ne peut réaliser. Les muscles, dans leur masse et leur volume, s’accroissent sur l'ensemble du squelette et contribuent, par leurs harmonieuses proportions, à améliorer l’apparence physique. Les muscles ainsi obtenus permettent surtout de renforcer les moyens d’action de l’homme sur le milieu extérieur et d’animer son propre corps. Ces deux effets de l’haltérophilie sont fort bien compris par les entraîneurs d’un certain nombre de disciplines qui introduisent systématiquement les mouvements haltérophiles et leurs dérivés dans la composition de leurs plans d’entraînement: ainsi, le lanceur peut agir plus puissamment sur l’engin qu’il propulse et lui opposer une masse corporelle plus importante; le sauteur et le coureur de vitesse peuvent accentuer l’amplitude de leurs mouvements et améliorer leur efficacité.

 

Ces quelques exemples ne sont plus, aujourd’hui, isolés l’haltérophilie n’est plus seulement un sport réservé à une poignée de spécialistes, c’est aussi un sport d’assistance propre à renforcer des groupes musculaires, à améliorer des qualités physiques, à préparer des athlètes, des nageurs, des rameurs, des gymnastes, des volleyeurs...

 

Ce rôle important de l’haltérophilie peut et doit être encore élargi l’éducation physique et les autres sports n’offrent pas en effet un choix considérable d’exercices renforçant les muscles des gouttières vertébrales et les muscles fixateurs des omoplates ; les deux mouvements olympiques peuvent être introduits dans les leçons d’E.P.S. et assurer très efficacement ce développement musculaire.

 

Tous les garçons ayant ainsi musclé leur dos avant et pendant la période de croissance se verront prémunis contre les attitudes défectueuses et les risques de déformation. Cette dernière affirmation, fondée sur les observations d’un nombre, hélas ! trop restreint d’éducateurs, sera confirmée par la grande majorité des enseignants lorsque des matériels adaptés en nombre suffisant seront répartis dans les établissements scolaires.

 

Si le sport, et particulièrement l’haltérophilie, ne représente pour le jeune débutant qu’un moyen de satisfaire un besoin de mouvement, un besoin d’évasion, il l’amène bientôt, au fil des mois et des années, à perfectionner sa personnalité; il le pousse à se cultiver physiquement, intellectuellement. Le sport est alors devenu un moyen exceptionnel d’éducation, un précieux facteur d’épanouissement de la personnalité. Et, au-delà de cette forme d’humanisme, le sport rapproche les hommes, il est créateur de chaudes relations humaines. Il offre aussi la possibilité à ses adeptes de se dévouer pour les autres. Quel que soit le niveau de ses qualités physiques et intellectuelles, quelles que soient ses aspirations, ses ambitions, quelle que soit son origine sociale, toute personne peut s’intégrer à ces sociétés organisées que sont les clubs sportifs où les relations humaines s’établissent non dans un ordre hiérarchisé, rigide, comme celui du monde du travail, mais dans un climat de camaraderie, d’amitié et de mutuelle considération.

Edouard MALLET

    C.T.R.