Cercle

Paul-bert

           HALTÉROPHILI E

               GÉNÉRALITÉS SUR LA MUSCULATION

 

I

 


 

 l est devenu banal de dire que les progrès de la science,     

 l’automatisation de plus en plus poussée dans le travail, la concentration ur­baine, l’augmentation des temps de loisirs vont incontestablement produire une forme de civili­sation technicienne qui fera naître chez l’homme un besoin croissant de mouvement, d’évasion, la nécessité aussi d’une activité physique compen­satrice.

C’est aussi une banalité de dire que le sport est un remarquable moyen d’éducation des jeu­nes.

Le souci d’intéresser tous les niveaux de la personnalité suppose que dans l’enseignement une grande variété de moyens pédagogiques soit mise en oeuvre sur un large éventail d’activi­tés. Parmi celles qui intéresseront le corps, le sport aura une place de choix.

Avant 10 ans, on ne voit guère que la nata­tion qui puisse être pratiquée suivant les impéra­tifs de la compétition.

De 10 à 15 ans, l’initiation sportive fait appel largement, en plus de la natation, à l’athlétisme et à la gymnastique. A ces spécialités, les ins­tructions ministérielles reconnaissent une adap­tation particulière aux deux finalités assignées à l’éducation physique maîtrise du milieu, maîtri­se du corps.

 

 

Cours d’éducation physique:

haltérophilie absente

Aux sports collectifs est bien entendu attri­bué un rôle supplémentaire, l’insertion de l’indivi­du dans un groupe.

Ce n’est qu’à partir de 15-16 ans que les sports de résistance et de force sont recom­mandés.

Or, l’apprentissage d’une technique haltéro­phile ne figure à peu près nulle part dans les cours d’éducation physique que les professeurs assurent tant dans les établissements scolaires de disciplines générales que dans ceux de disci­plines techniques.

Pourtant, dans les lycées et collèges tech­niques l’haltérophilie devrait occuper une place spéciale dans le programme des classes pré­paratoires à une profession en tant que moyen d’apprentissage des techniques de por­ter, de soulever, de lancer, dans le but de prévenir la fatigue et les accidents du travail.

 

 

Préparation à toutes

les techniques sportives

Cette situation peut s’expliquer par les préju­gés qu’ont valu aux poids et haltères” les exhibitions des bateleurs, leveurs de gueuses et autres avaleurs de sabres qui ont été pendant longtemps des amuseurs publics et populaires très goûtés.

Très rares ont donc été jusqu’ici les prati­ciens de l’E.P.S. qui se souciaient d’enseigner une technique sportive méconnue, voire discré­ditée.

Ainsi est inexploitée la valeur de l’haltérophi­lie du double point de vue activité de dévelop­pement, activité d’appui.

Toutefois, l’exemple de certaines nations, cel­les de l’Europe de l’est en particulier, redouta­bles dans les grandes compétitions mondiales, qui ont fait de l’haltérophilie la préparation foncière de toutes les technique sportives, commence à faire école en France.

C’est l’un des rôles de cette spécialité à qui est reconnu main­tenant une importance croissante adjuvant in­dispensable à la préparation aux compétitions d’athlétisme, de natation, d’aviron, de rugby, etc., surtout plus connu des techniciens sous le nom de    “ musculation ” . A l’entraînement spécifique de la spécialité vient d’insérer des séances de “ musculation ”.

L’entraînement sportif a comme objectif, grâce à la pratique régulière, systématique et fréquente d’exercices physiques, d’amener la ca­pacité de rendement de l’organisme à un niveau déterminé et, sur la base ainsi acquise, d’amélio­rer la performance dans la discipline sportive choisie.

Dans la plupart des spécialités sportives la performance dépend très étroitement de la for­ce, de la condition physique générale, de la vitesse et de la souplesse du sujet.

 

 

Puissance + vitesse = détente

Actuellement, l’accent se porte sur l’entraîne­ment multiforme, ce qui est parfaitement justifié. Cependant, cela ne signifie pas que tout entraî­nement est bon parce qu’il est simplement éclectique. La capacité de rendement ne sera améliorée que si l’entraînement tient compte systématiquement des qualités motrices exigées par la spécialité pratiquée. L’activité musculaire ressortant des disciplines complémentaires doit posséder à peu près les mêmes caractères que celui prévalant dans la discipline choisie par le sportif ceci est vérifié par de nombreux travaux scientifiques.

Il a été démontré que le développement des qualités potentielles de l’athlètes nécessaires à l’amélioration de sa performance, dans une spé­cialité quelconque, qui n’est pas entrepris par l’application des principes fondamentaux de l’en­traînement haltérophile n’aboutit, au mieux, qu’à une amélioration de 50 % de la puissance initiale en moyenne et à 100 % pour quelques rares disciplines, alors que la pratique d’entraînement basé sur la progression de l’accroissement des charges, condition majeure de la préparation à la compétition haltérophile, peut améliorer la puis­sance de 200 à 300 %, et plus dans certains cas.

De surcroît, puissance et vitesse ont pour résultante la détente, qualité essentielle dans bien des spécialités sportives.

C’est dire l’importance du système de prépa­ration à la compétition haltérophile qui s’appuie essentiellement sur la musculation.

Il existe un nombre très important d’exerci­ces permettant de travailler tous les groupes musculaires du corps humain. La pratique régu­lière des quelques exercices sélectionnés prépa­rera efficacement à la plupart des sports athléti­ques et activités physiques et produira le déve­loppement équilibré et harmonieux des prati­quants.

Le sportif spécialisé peut également utiliser certains exercices dits “spécifiques “, dont la forme se rapproche de celle des gestes de sa discipline sportive.

De plus, les modalités d’exécution prescrites (nombre de séries, de répétitions, temps de repos, rythme) peuvent être sensiblement modi­fiées en fonction de la spécialité sportive choisie.